Une aide précieuse pour le développement de produits horlogers originaux

De la haute-couture horlogère

| Auteur / Rédacteur: Gilles Bordet, rédacteur MSM / Gilles Bordet

Les deux jeunes et dynamiques fondateurs de la récente société FMR. A gauche Matthieu Meli et à droite Blaise Rochat sur leur stand lors du salon EPHJ-EPMT-SMT.
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Les deux jeunes et dynamiques fondateurs de la récente société FMR. A gauche Matthieu Meli et à droite Blaise Rochat sur leur stand lors du salon EPHJ-EPMT-SMT. (Source : MSM)

L'habillage des productions horlogères est un art à part entière qui demande de solides compétences et une créativité débordante, mais aussi une parfaite connaissance technique du fonctionnement des productions horlogères.

La toute jeune société FMR (Façonnage de Montres Rares), qui fête son premier anniversaire en juillet, était présente pour la première fois au salon EPHJ-EPMT-SMT. Ses deux fondateurs, Matthieu Meli et Blaise Rochat tirent un bilan très positif de leur présence à Genève.

La rédaction du MSM a voulu en savoir plus au sujet de cette jeune et dynamique entreprise de la Vallée de Joux. C'est avec enthousiasme que ses fondateurs ont répondu à nos questions et nous ont éclairés sur les prestations offertes par leur entreprise et tout particulièrement le cœur de leur activité, l'habillage horloger.

MSM : Quand avez-vous crée votre entreprise ?

Matthieu Meli : Il y a une année, le 28 juillet 2016 précisément.

MSM : Quel bilan tirez-vous de cette première année d'activité ?

Blaise Rochat : Nous avons appris énormément, côtoyé beaucoup de métiers différents et ce n'est pas terminé, car nous en apprenons tous les jours davantage. Chaque matin je suis heureux d'attaquer une nouvelle journée de travail, c'est un véritable plaisir propice à l'expression de notre créativité.

MSM : Pouvez-vous nous expliquer plus en détail le cœur de métier de FMR ?

Matthieu Meli : Nous sommes un bureau de développement et de consulting, une passerelle entre les fabricants de montres, les sous-traitants et les métiers d'art. Nous sommes à même de mener un projet de A à Z, développement, industrialisation, suivi de portefeuille et contrôle qualité.

MSM : Plus concrètement qu'est-ce que cela veut dire ?

Matthieu Meli : Nous concrétisons les idées de nos clients en développant des montres complètes. Notre très bonne connaissance du marché de la sous-traitance horlogère nous donne une vision très large. Nous soulageons nos clients de bien des lourdeurs administratives car nous pouvons intégrer rapidement des sous-traitants et tester les nouveaux venus. Nous sommes également extrêmement réactifs grâce à notre petite structure. Cela nous permet de proposer, par exemple, des prototypes bien plus rapidement. Une entreprise qui veut mener à bien un projet mais qui manque de ressources et de temps peut aussi passer par nous.

MSM : Mais d'autres sociétés proposent le même types de services, qu'avez-vous de plus que ces dernières ?

Matthieu Meli : Notre force c'est notre capacité à intégrer des corps de métier totalement étranger au monde horloger et tout particulièrement les métiers d'arts. Nous cherchons sans cesse à nous cultiver pour embellir les gardes temps et nous portons très haut l'habillage horloger en l'intégrant au cœur des mouvements tout en respectant l'ensemble des contraintes techniques nécessaires à leur bon fonctionnement. Nous avons par exemple développé un pont en mokume gane, que nous avons découvert par l’intermédiaire d'un forgeron vaudois. Il s’agit d’une méthode traditionnelle de forge japonaise qui permet de produire un métal laminé dont les différentes couches sont visibles. Aujourd’hui, ce métal est utilisé dans la bijouterie. La difficulté d’intégration de ce type de matériau est le manque de précision des pièces de forges brutes. La mise en œuvre et la conception sont très différentes mais notre parfaite connaissance des processus de fabrication des montres nous permet d'intégrer des techniques qui pourraient sembler antinomiques.

Blaise Rochat : Effectivement nous connaissons bien les métiers d'arts et comprenons parfaitement les contraintes des artisans. Nous pouvons mieux gérer les temps de fabrication. Notre spécialité est surtout d'aller chercher des artisans et des sous-traitants étrangers au monde horloger et ensuite intégrer ces techniques à l'horlogerie. Nous travaillons avec des partenaires suisses comme européens, ils ne sont pas beaucoup et parfois totalement inconnus du monde horloger.

MSM : Cela ne génère pas des contraintes supplémentaires pour vos clients ?

Matthieu Meli : Non surtout pas ! Nous ne voulons pas orienter le choix technique de nos clients, nous nous adaptons aux contraintes techniques liées à la fonctionnalité du produit. Même si cela peut sembler difficilement conciliable, nous y arrivons parfaitement et cela tout en maîtrisant les coûts. Le respect du design est garanti, c’est ainsi que nous nous différencions.

MSM : Comment vous est venu l'idée de vous lancer dans un domaine aussi complexe que celui-ci ?

Matthieu Meli : L’idée nous trottait dans la tête depuis plusieurs années. Nous avions constaté, au cours de nos carrières respectives, que l'intégration de tous les métiers en interne peut diminuer la capacité créative. C'est aujourd’hui un problème que les marques cherchent à résoudre. Et la créativité est à la base de toutes nos démarches, il ne faut pas avoir peur et se jeter dans le vivier de la sous-traitance pour aller chercher les compétences là où elles se trouvent. C’est un moyen efficace de résoudre un problème spécifique lié au produit.

MSM : Avez-vous rencontré des difficultés pour financer votre projet de création d'entreprise ?

Matthieu Meli : Pas vraiment, nous avons créé FMR à partir de nos fonds propres, c'est un gage de liberté supplémentaire.

MSM : Tout cela est passionnant et vos compétences force le respect mais pourtant vous êtes très jeunes. Quels sont vos parcours ?

Matthieu Meli : Je ne viens pas du domaine horloger mais de la mécanique générale. Après un apprentissage de mécanicien machines chez Bobst et une école d'ingénieur en conception mécanique, je suis parti à Stockholm dans le cadre des échanges Erasmus et j'ai passé mon diplôme à mon retour en 2005. Une rencontre fortuite avec un responsable de chez Jaeger-LeCoultre m'a ouvert les portes du monde horloger. Après 3 années passées aux méthodes d'habillage et à la résolution des problèmes qualités sur têtes de montre, j'ai été pendant 5 ans ingénieur de développement habillage sous-traités, spécialisé sur les boîtes, le saphir et les traitements de surface. Ensuite, j’ai été promu responsable qualité du secteur fabrication des rouages pendant 2 ans avant que nous décidions de créer FMR.

Blaise Rochat : Je suis Combier, alors comme beaucoup de jeunes de la Vallée j’ai grandi avec l'horlogerie. J'ai fait un CFC d'horloger ainsi qu'une maturité avant d'intégrer l'école d'ingénieur en conception microtechnique. J'ai débuté ma carrière chez Jaeger-LeCoultre où j'y ai rencontré Matthieu. Pendant 4 ans j'ai développé des produits à 50% pour Jaeger-LeCoultre et l'autre part pour Lange & Söhne, une marque allemande du groupe Richemont. J'ai travaillé au développement des boîtes et cadrans avant de reprendre la tête des ateliers des grandes complications. Cela m'a permis de me confronter aux mouvements et aux pièces complexes jusqu'en 2016 puis à la création de notre société.

MSM : C'est votre première participation au salon EPHJ-EPMT-SMT. Quel bilan tirez-vous de votre présence au bout du lac ?

Matthieu Meli : C'est le rendez-vous incontournable de la sous-traitance dans notre domaine d'activité. Cela nous a apporté une visibilité encore plus importante, nous y avons fait énormément de rencontres très constructives. Le retour est très positif, on nous a posé beaucoup de questions, certains ont même essayé d'appliquer des techniques que nous maîtrisons sans y parvenir. Cela nous a conforté dans nos choix et dans la direction que nous avons donné à notre projet.

Blaise Rochat : Nous avons rencontré de nouveaux acteurs, découvert des sociétés inconnues, fabricants comme sous-traitants. Nous sommes en perpétuelle recherche de nouveautés et ce salon est l'endroit parfait pour cela. MSM

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